الخِصالُ الخمس
Son caractère
Le livre est ordonné par traits de caractère, non par années
Sa section centrale est faite de cinq chapitres consécutifs, un par trait, chacun bâti sur des faits plutôt que sur l’éloge. Cette page conserve cet ordre — et le dit. Un homme qui dirigeait l’une des plus grandes organisations humanitaires du monde musulman se servait d’un stylo à cinquante fils, fut interrogé par son propre auditeur pour une chaussure réparée à un quart de dollar, et passa vingt-six jours dans une cellule.
Biographie de référence · 437 pages sur 620 en notre possession · toutes les traductions sont les nôtres
Humilité
تواضعه
Scrupule
ورعه
Responsabilité
إحساسه بالمسؤولية
Indulgence
تسامحه وعفوه
Fermeté
صلابته
01
Il ne laissait pas l’éloge se poser sur lui
تواضعه
Trois personnes ont remarqué la même chose, séparément.
Yousef Al-Kandari
« J’ai voulu apprendre à mon âme à ne pas se laisser prendre à ce qui se dit. »
«ما سمعت الرجل ماذا قال؟! مدح وأثنى، أردت أن أعلّم نفسي أن لا تغترّ بالكلام الذي قيل.»
Un donateur fit son éloge devant d’autres personnes. Quand l’homme eut fait son don et fut reparti, Al-Sumait disparut — un employé partit à sa recherche et le trouva en train de nettoyer les toilettes.
Un seul témoin · «عبد الرحمن الفاتح» · p. 97
Dr Fahd Al-Faraidi
« Mon fils, le propriétaire d’une chose a plus de droit à la porter. »
«يا ابني صاحب الشيء أحقّ بحمله.»
En retard de dix minutes pour une conférence à Dammam à cause de la circulation, il trouva Al-Sumait qui l’attendait dans la rue, en plein soleil, portant deux lourds sacs d’exemplaires d’Al-Kawthar. Il voulut les lui prendre : refus ferme.
Un seul témoin · 1427 H · p. 100
La biographie elle-même
Pas d’hôtels. Pas d’avion privé. Un stylo à cinquante fils.
Président du conseil d’administration de l’une des organisations humanitaires les plus connues du monde musulman, et aucun des signes de la fonction. Il venait d’une famille aisée et ne se souciait pas de ce qu’il portait. Dans les villages africains, il servait lui-même le thé à ses hôtes, et s’agenouillait à terre pour leur parler.
Consigné dans la source · p. 94-95 et 99
Deux des trois ne reposent chacun que sur un seul témoin. Le site les signale d’un point doré plutôt que de les supprimer ou de les affirmer — la même règle que sur les pages des distinctions et des témoignages.

02
Il était plus dur envers lui-même sur l’argent qu’aucun auditeur
ورعه
Quatre écritures, et ce que l’organisation en a fait.
Direct Aid · le relevé tel que le donne la biographie
pp. 104–108
| Soudan | Une paire de chaussures, réparée.ContestéeLe service d’audit téléphona au président du conseil. Celui-ci fit valoir qu’il était le président ; l’auditeur répondit qu’aucun règlement ne l’autorisait, et que sans un document du conseil il inscrirait la somme au relevé. Convoqué ensuite au bureau, il tint bon — et reçut un mois entier de salaire pris sur la poche du président pour l’avoir tenu. p. 107-108 · l’auditeur n’est pas nommé dans la source | $0.00 |
| Éthiopie · 1997 | Des fonds transférés par la banque, non par le marché noir.Quelqu’un proposa à son bureau d’Éthiopie un meilleur taux. Il donna l’instruction que les transferts restent par la voie officielle, même au prix d’une perte de cinq pour cent ou plus. Rapporté par cheikh Mohammed bin Hamad Al-Khamis. p. 106-107 | −0% |
| 18 mois plus tard | Des organisations fermées par le premier ministre éthiopien pour procédures irrégulières.La sienne n’en était pas. p. 107 | 0 / 0 |
| Canada · Royaume-Uni | Années d’études ; restaurants fréquentés.Cinq ans au Canada et trois au Royaume-Uni sans manger dans un seul. Lorsqu’un savant de passage déclara le fromage licite, il en acheta pour ses enfants et n’en mangea pas lui-même. p. 104 | 0 / 0 |
Éthiopie · 1997
« Reste sur la bonne route et tu seras sauf. »
«خليك على الطريق الصحيح تسلم!»
SourceDit à cheikh Mohammed bin Hamad Al-Khamis, qui lui avait apporté la proposition. Biographie de référence, p. 107 · notre traduction

03
Le calcul qui ne le laissait pas en paix
إحساسه بالمسؤولية
Il a fait ce calcul en public, dans une revue qu’il signait.
مجلّة الكوثر
«زرتُ في يوم من الأيام أحد معسكرات الإغاثة في إفريقيا، ورأيت بعيني المناظر التي تفتّت القلوب المتحجّرة.»
«وحاسبتُ نفسي وقلت: كيف أرضى لنفسي بأن آكل ثلاث وجبات يومياً، بينما إخواني المحتاجون في هذه المعسكرات يسير بعضهم على أقدامهم أربعين يوماً بحثاً عن لقمة طعام يسدّون بها رمقهم؟»
«وهم يعيشون على أوراق الشجر والحشائش — إن وجدوها — فمنهم من يموت في الرحلة، ومنهم من يعود منها وقد فقد قواه وازداد جسمه هزالاً.»
« Un jour, j’ai visité l’un des camps de secours en Afrique, et j’ai vu de mes propres yeux des scènes qui brisent les cœurs de pierre. »
« Et j’ai demandé des comptes à mon âme, et j’ai dit : comment puis-je accepter pour moi-même de manger trois repas par jour, tandis que mes frères dans le besoin, dans ces camps, marchent parfois quarante jours à pied à la recherche d’une bouchée qui les maintienne en vie ? »
« Vivant de feuilles d’arbres et d’herbes s’ils en trouvent ; certains meurent en chemin, et d’autres reviennent ayant perdu leurs forces, le corps plus décharné qu’avant. »
Composé par nous à partir du texte tel que la biographie le cite — non un fac-similé de la revue. L’arabe est de lui ; le français est notre traduction.
Biographie de référence, p. 111
0repas par jour — les siens
0jours de marche — les leurs
0heures de train avec des restes de pain — sa façon de voyager · p. 114
La part entière
Au Darfour, responsables et chefs de tribu s’étonnaient de l’insistance de ses représentants à ce que chaque famille déplacée reçoive sa part entière, sans rien en retenir. Ce qui est confié aux familles est un dépôt, et doit parvenir en entier à ceux qui y ont droit.
Sourcep. 111
Un seul peuple
Plutôt que de se disperser, il consacra l’essentiel du temps qui lui restait aux Antemoro, s’installa parmi eux et y bâtit une maison. Ce qui suivit fut une liste, non un geste : des mosquées, le parrainage d’orphelins, l’enseignement, les soins, des puits — et un cimetière pour les musulmans, parce qu’il n’y en avait pas.
Sourcep. 115 · rapporté par cheikh Mohammed bin Hamad Al-Khamis, 2013
04
Il ne se dépensait pas en querelles
تسامحه وعفوه
Cinq querelles s’offraient à lui. Il n’en prit aucune.
01
La dispute confessionnelle exportée du pays
Dans le nord de Madagascar, un musulman pouvait prier le vendredi à la mosquée, aller à l’église le dimanche et adorer un arbre le lundi — « nous ne savons pas laquelle est la vérité, alors nous les adorons toutes les trois pour ne rien perdre ». Face à cela, de jeunes visiteurs arrivaient, s’attachaient plutôt au fait que certains musulmans locaux célébraient la naissance du Prophète, et en faisaient une querelle publique : des gens qui se battent, la police qui occupe et ferme des mosquées, un ambassadeur qui rédige un rapport. p. 121 et 123
02
Parti et faction
Il ne se lia à aucun parti ni groupe, se considérant au service de la communauté tout entière. p. 119
03
Le clergé missionnaire
Pendant trois décennies en Afrique, il évita l’affrontement avec eux, et donna consigne à ceux qui travaillaient avec lui de ne jamais répondre au mal par le mal. p. 128
04
Le prêtre qui passa sans s’arrêter
Leur voiture tomba en panne ; un prêtre et les siens passèrent et refusèrent d’aider. Des heures plus tard, ils la réparèrent eux-mêmes, repartirent — et trouvèrent plus loin la voiture du prêtre en panne. Ils s’arrêtèrent et la réparèrent. Source unique · p. 123
05
Ceux qui lui demandèrent de faire ses preuves
« Nous n’attendons de certificat de personne. Nous avons travaillé sur le terrain, et nous n’attendons que de Dieu qu’Il l’accepte de nous. » p. 125 — la phrase sur laquelle est bâtie la page des témoignages.
Ce qu’il faisait à la place
Il demandait aux anciens de quelle couleur peindre le mur de l’école
Pour assurer à un nouveau centre l’appui de la population, il formait un conseil des anciens et des notables de la région, et les réunissait une ou deux fois l’an — à propos d’un simple portail, de la couleur du mur de l’école, du nombre d’arbres à planter. « Et j’en étais heureux, car ils ne se mêlaient ni des programmes ni des plans de travail. »
Signé de luiAl-Kawthar, n° 3, janvier 2000 · p. 129 · notre traduction
Le centre fut plus tard confié à une association étrangère qui les négligea.
La population locale l’expulsa en peu de temps. — « Les gens n’ont pas seulement besoin de nourriture et d’aide. Les gens ont besoin qu’on les traite avec sagesse. »
« Je me serais condamné moi-même, et je me serais retrouvé assiégé dans une arène très étroite. »
«لو سمحتُ لنفسي بالدخول في الخلافات التي بيننا… لحُوصرتُ في ميدان صغير جدّاً.»
Sourcep. 121 · notre traduction

05
Cinq choses qui auraient dû le briser
صلابته
Il était, note le livre sans détour, de petite corpulence et de faible poids.
Irak · 1970
Arrêté l’année précédant sa dernière année de faculté de médecine
Pour son activité religieuse à l’université. La source affirme qu’il fut torturé avec brutalité, et qu’on lui trancha de la chair de la main et des pieds. p. 132
Koweït · l’occupation
Détenu une seconde fois — vingt-six jours
« Les rayons du soleil ne nous ont touchés que le jour où l’on nous a dit de nous préparer à aller à Bnaid Al-Qar pour rencontrer le directeur général de la sûreté. » p. 132-133
Le terrain
Trente ans dans les forêts
Il y fit face en l’étudiant : cinq espèces principales de grands serpents venimeux, et plus de soixante-deux espèces ordinaires, la plupart non venimeuses. Du savoir, non de l’effroi. p. 133
Son corps
Deux infarctus, et de nombreuses maladies
Ses propres mots. La liste complète (p. 135) figure au chapitre Son départ et y est renvoyée d’ici plutôt que répétée. p. 105
L’échec
« Il n’y a pas de réussite sans échec. »
« Une fourmi ne peut gravir un mur sans tomber plus d’une fois, et la route du succès passe toujours par des stations d’échec ; il n’y a pas de bien dans un homme qui se rend dès la première bataille… mais tout cela s’allège par la grandeur du but que l’on poursuit. » p. 105
Ce qu’il a dit des vingt-six jours
« Des prières où nous avons goûté une douceur que nous n’avions jamais goûtée de notre vie — la douceur de la prosternation là-bas, dans la cellule, les larmes ruisselant de nos yeux. »
«وصلاةٍ لم نذق في حياتنا حلاوةً كحلاوة السجود فيها ونحن في الزنزانة، والدموع تنهمر من عيوننا.»
Sourcep. 133 · notre traduction — « non par crainte d’un sort que nous ignorions, mais par crainte de Dieu et pour nous rapprocher de Lui ». Aucune photographie n’existe de ce moment, et il n’en est fait aucune reconstitution.
Pourquoi cela ne l’a pas brisé, selon le livre
Non un don, mais une suite : le scoutisme dans l’enfance — compter sur soi, s’adapter au milieu, tirer parti des moindres ressources ; une période d’internat ; puis des voyages d’études successifs — la faculté de médecine à Bagdad, les études supérieures au Canada, et l’exercice de la médecine. p. 131-132
Ce n’était pas un homme doux. C’était un homme qui avait décidé, très tôt, ce à quoi il ne se dépenserait pas.